Sortie Pierre Blanche – Week-end ado
WCCC : Week-end, Chaussons, Cailloux et Compagnie. Vous ne connaissez pas ? Normal, je viens de l’inventer.
Le concept tient en une phrase : trois jours de grimpe, onze ados (cinq le premier soir, six le second), six adultes, et une seule consigne. Grimper, se dépasser, faire tomber les cotations, et s’amuser.
Vendredi : Pierre Blanche, forêt de Mervent.
Départ à 8 h 30. Les ados ont les yeux grands ouverts, les adultes émergent péniblement. À l’arrière, nous avons Lia, Zélie, Lilyan, Paco et Eva. Gwen prend le volant, Thomas le siège copilote. Il ne le sait pas encore, mais il vient d’accepter le rôle principal du week-end. À peine les ceintures bouclées, le fil rouge est lancé à l’arrière : embêter Thomas. Durée de l’épreuve : 2 h 30 de route. Tenue de bout en bout.
Arrivée au sommet vers midi. Casse-croûte puis échauffement pour les jeunes, supervisé par Mickaël, Sébastien et Karen. Pendant que Thomas, Gwen et Émilie installent les cordes, on plante le décor : pour certains, c’est la toute première sortie sur le caillou. Première manip de corde en réel. Premiers pas sur le rocher.




Premier exercice annoncé par Thomas ? Rappel en fil d’araignée.
Traduction pour les non-initiés : descendre seul le long de la corde, sans personne à l’assurage, et « fil d’araignée », parce que les pieds ne touchent pas le mur. Cinq enfants d’une dizaine d’années, perchés au sommet avec le pied des voies trente mètres plus bas, qui s’élancent un par un dans le vide jusqu’à la vire, quinze à vingt mètres en contrebas. Verdict des intéressés : trop facile. À peine de quoi faire bouger le rythme cardiaque.
La suite est plus classique : une heure trente de moulinette, puis révision des manips de tête avec Gwen. Et pour les plus téméraires, les grandes longueurs, celles qui dépassent les vingt mètres. Trois prétendantes : Lia, Zélie, Eva.
Eva ouvre le bal. Regard affûté, main sûre, elle mousquetonne comme si elle n’avait jamais fait que ça. Au sommet, il lui reste encore assez de sang-froid pour la manœuvre de fin de voie, celle qui oblige, rappelons le, à défaire son propre nœud d’encordement… sous l’œil de Thomas qui l’attendait là-haut. Lia et Zélie, gonflées à bloc par sa perf, sont surprises par la hauteur et l’engagement entre les points… Elles termineront la voie à l’aide d’une petite variante improvisée.

Et puis vient la pluie. « Pas de panique, ça va passer », dit Thomas. Cinq minutes plus tard, le mur était devenu une vraie patinoire. « Ça va passer », qu’il disait.
Vendredi soir : le gîte.
Découverte des douches, présentées par Sébastien : une rangée de portes en bois, dehors. Pas franchement accueillant. Et au fait, pourquoi le bois est-il rangé juste à côté ?
Au menu, pâtes bolo, et une répartition des tâches très inégale : cinq adultes en cuisine (Gwen, Émilie, Karen, Mickaël, Sébastien ; cinq, pour des pâtes), et Thomas seul à l’animation. Sa mission : rester debout. Celle des enfants : le faire tomber, tous les coups sont permis. Ce soir-là, Thomas ne gagnera pas.
La soirée se termine autour d’un feu, des chamallows à griller et un peu de musique avec Mickaël à la guitare.

Samedi : plan B à Niort.
Au réveil, le sol est trempé. Le verdict que redoute tout grimpeur de caillou tombe : pas d’extérieur aujourd’hui. Heureusement, le plan B était prêt : direction la salle de Niort, où le deuxième groupe, conduit par Médéric, rejoint le premier en fin de matinée. Grégoire, Eliès, Maël, Achille, Maya et Coralie entrent en scène. La salle a de quoi occuper tout le monde : des voies de seize mètres, du bloc à perte de vue, une zone pour les singes et une table de ping-pong.
Lia, Zélie et Eva filent directement dans les voies de seize mètres. En tête, évidemment.


Zélie, concentrée comme toujours et en quête de dépassement, s’attaque à une voie bleue : quelques mouvements en dièdre, un final légèrement déversant. Le bas se négocie, le mur s’incline, la fatigue des douze premiers mètres s’installe. Elle atteint une dégaine, tire la corde pour mousquetonner… et son pied zippe. La corde n’est pas passée. Un mètre… Deux mètres… Trois. Quatre. Puis la corde se tend, la réception n’est pas optimale, un bruit violent retentit. Zélie redescend, pas bavarde, un peu pâlotte. Elle va bien : Eva, à l’assurage, a assurée. (C’est en écrivant ces lignes que je mesure à quel point l’escalade est une activité géniale)
Puis vous avez Eva, qui assurait Zélie. Elle reprend la corde toute souriante, fait son nœud et la voilà qui part dans la même voie, fidèle à elle-même, sans peur ni hésitation… Arrivée à la moitié de la voie, elle abandonnera. Aurait-elle ressenti la peur ?
Lia, pendant ce temps, engrange de la confiance : plusieurs belles voies dans le cinquième degré, à vue, puis un bras de fer avec un bloc très déversant, qui finit par céder après plusieurs essais. Belle réussite : le bloc n’était pas simple, et sacrément engagé pour une jeune grimpeuse. Un essai en vidéo à la fin de l’article.
Concernant Lilyan et Paco, nos deux compères auront bien profité des voies de vitesse et de la table de ping-pong ! Lilyan, de nature plus discrète, a su prendre les choses en main : c’est lui qui est allé chercher Sébastien pour être assuré et enchaîner les voies autant qu’il le voulait. Discret, mais déterminé, il n’a rien lâché. Paco a joué sur tous les tableaux : la vitesse et le ping-pong pour le groupe, le bloc pour s’essayer aux mouvements compliqués.


Zélie… elle entretient le fil rouge. Les blagues sont tordantes, fines, d’une grande justesse d’exécution ! Thomas, il tient le coup !
Côté deuxième groupe, l’ambiance est immédiatement donnée par Grégoire, qui fédère tout le monde autour d’un seul mot d’ordre : s’amuser. Il s’offre au passage sa propre chute de quatre à cinq mètres dans le grand dévers, mais sans le boum. Dans son sillage, Achille et Eliès, toujours volontaires pour amplifier les fous rires. Maël vogue un peu partout dans la salle, à son rythme par moments, au rythme du groupe à d’autres. Coralie et Maya, elles, s’offrent de vraies moments de bloc à se mettre en difficulté, sans jamais s’éloigner bien longtemps des éclats de rire.
Fin de journée : le premier groupe reprend la route de la maison, le second celle du gîte. Repas, feu, chamallows, on connaît désormais la recette.

Dimanche : la pluie, acte trois.
La météo ne lâche rien. Le groupe tente sa chance à Nantes, au Jardin extraordinaire… et n’y récolte qu’une bonne douche, « ça va passer » qu’il disait. Repli en salle, à El Cap.
Les enrouleurs lassent vite tout le monde. Les garçons partent en tête. Et d’après les échos, certains se sont dépassés sur de belles voies, parfois difficiles. Coralie et Maya choisissent le bloc, avec Thomas. Et tout le monde finira par s’y rejoindre, pour une bonne dose de cette grimpe qu’on apprécie tant à plusieurs.

Un petit mot pour chacun, sur leurs prestations en bloc.
Cette petite session aura, je l’espère, permis à Maya d’apprivoiser un peu plus sa peur de la chute, elle qui réussit souvent avec facilité là où les autres ne vont pas très loin !
Coralie, elle, n’a pas encore tout à fait trouvé cette petite confiance en elle, mais on la sent juste là, prête à s’allumer. Il lui manque seulement d’oser y croire, et le jour où ça arrivera, elle nous surprendra tous.
Achille, fidèle à lui-même et grand inspirateur du nom d’équipe « Trop d’énergie », nous prouvera une fois de plus que, malgré la taille, il réalise des mouvements que même les grands n’osent pas.
Maël et Eliès nous auront bien fait rire, eux deux et leurs tentatives à moitié. Heureusement que le groupe était là pour les pousser et leur permettre de se dépasser.
Grégoire, un peu blessé ou simplement courbaturé, sera moins actif. Cela ne l’empêchera pas de réussir rapidement les blocs que le groupe aura travaillés. Il sera d’ailleurs le seul !
Trois jours, deux salles, beaucoup de pluie et zéro regret : pour une première, le WCCC aura tenu toutes ses promesses. Merci à Gwen, Émilie, Karen, Mickaël, Sébastien et Médéric d’avoir tout porté à bout de bras. Thomas, lui, aura surtout servi de fil rouge, la répartition des rôles…
Dernière chose : tout au long de cet article, j’ai glissé quelques petits clins d’œil que vous ne comprendrez peut-être pas… mais que les jeunes, eux, se feront un plaisir de vous raconter. Place aux photos !
Que vous retrouverez sur le drive suivant (l’espace étant limité ici !) : https://drive.google.com/drive/folders/1rAC1o60cHeEjT7-umJN6g8YI1IRz8wgw?usp=sharing

